Vendredi 30 mai 2008 5 30 /05 /Mai /2008 10:03

Nicole Tran Ba Vang est venue nous parler de son parcours vendredi dernier.
Aant déjà survolé son travail, cette rencontre pour ma part était assez attendue. Je pense que nous avons tous été assez surpris par la facilité avec laquelle Nicole Tran Ba Vang a réussi à s'inscerer dans le monde artistique. Entre Gaëlle Chotard qui met presque dix ans à trouver une galerie, et Nicole Tran Ba Vang qui n'a peut être pas mis plus de 10 jours (façon de parler bien entendu)...  Mais Nicole a des airs de femme d'affaire, qui doit être véridique au fond puisqu'aujourd'hui, c'est elle qui s'occupe de ses oeuvres. Elle a quitté deux galeries, et mène aujourd'hui ses projets à bien.   

Au cours de notre entretien, nous avons beaucoup parlé de son rapport aux galeries, au monde artistique, mais je regrette qu'elle n'en n'ait pas plus dit à propos de ses oeuvres.
Bien que son travail touche l'apparence, l'identité, j'aurais souhaité qu'elle nous dévoile un peu plus ses pensées. Elle n'aime pas parler de son travail, ni trop écrire dessus d'après ce que j'ai compris, ce qui en un sens lui est favorable puisqu'elle entretient le mystère, les questions en suspens. D'ailleurs,  contrairement à d'autres (si je ne dis pas les prénoms, c'est tout simplement parce que je ne les connais pas), je ne pense pas que parce qu'elle utilise l'image de la femme, elle parle de feminisme ou de la condition de la femme. Certes il est facile d'en arriver à cette conclusion, mais je trouve que ces images sont trop ambiguës et son discours trop vague d'une certaine façon, pour penser qu'elle dénonce quelque chose en particulier.

Je trouve par exemple que Christophe Luxereau a un parti pris beaucoup plus visible. D'ailleurs, ces deux artistes (arretez moi si je me trompe) ont une ressemblance, des préoccupations plus ou moins communes, et une démarche plastique très proche. Ainsi, peut être pourrions-nous leur repprocher un manque d'originalité.
Mais finalement, ils ne font que "reformuler" des questions d'actualité. Et n'est-ce pas le "rôle" de l'artiste que de d'exprimer la modernité de son temps ? 

Pour clore cette année, je dirais que j'en ai appris plus sur le fonctionnement des galeries, que les artistes ont su répondre à nos questions. En ce qui me concerne, je peux me reprocher de ne pas avoir suffisament posé de questions, ou du moins les questions que je trouvais "betes" mais qui finalement ne l'étaient peut-être pas tant que ça !

Merci M. Antoine Perrot d'avoir organisé ces rencontres, la vôtre étant certaienemnt la plus intéressante et enrichissante.

Bonne continuation à tous.

Sarah Vieille. 236404.





Par Horizont-art
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Samedi 24 mai 2008 6 24 /05 /Mai /2008 22:08

C’est un étonnant parcours que nous révèle Nicole Tran Ba Vang. Ayant commencé par des études d’administration économique et sociale et n’ayant aucune envie d’exercer une pratique artistique, Nicole changea soudainement d’opinion, devant une affiche de métro. Cet élément déclencheur, qu’est l’insignifiante affiche publicitaire pour une école de mode, la sauva du triste  avenir de la gestion, pour l’emmener dans le monde de l’art. Cependant les nombreuses contraintes qu’impose le stylisme ne permirent pas à Nicole Tran Ba Vang d’exercer avec la liberté qu’elle désirait. C’est pourquoi elle quitta ce milieu, pour devenir artiste. Son talent fut vite reconnu par les galeristes  et elle jouit aujourd’hui de vivre entièrement grâce à sa pratique.

Contrairement aux nombreux intervenants, le parcours de Nicole ne fut donc pas le long chemin, parsemé de doutes, de relations indésirables et de crises financières. Ce fut une étonnante histoire, qui, me semble-il, redonna de l’espoir à certains d’entre nous qui veulent être artistes.

                Le travail de Nicole Tran Ba Vang repose sur la question de l’identité, liée à l’apparence. Ne cherchant pas à apporter des réponses elle définit son travail comme un questionnement. Il me semble que derrière cette démarche se cachent des interrogations, des peurs peut être, sur l’évolution de l’image de soi aujourd’hui. La chirurgie esthétique est en particulier une pratique qui se développe et concerne de plus en plus de personnes, désireuses de changer de peau. Même si le travail que Nicole à réalisé pour la série Nip Tuck n’est pas directement lié à sa pratique,  ses œuvres semblent pénétrer ce milieu, inconsciemment peut être (ce qui est très certainement la raison pour laquelle l’équipe de Nip Tuck fut attirée par son travail).

Fyrat
219 030

Par Horizont-art
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Jeudi 15 mai 2008 4 15 /05 /Mai /2008 13:08

Valérie Belin
Photographies 1996-2006
9 avril - 8 juin 2008

Georges Rousse
Tour d'un monde
9 avril - 8 juin 208

Comme d'habitude, je commence par le dernier étage. Valérie Belin est installée au troisième étage de la MEP. Constituées de deux salles, les photos sont agencées de façon plus moins moins chronologique.
Valérie Belin réalise des séries de photographies. Elle choisit un thème, et s'impose un protocole à suivre pour la prise de vue.
Ainsi, elle photographie de cette manière des jeunes femmes, des travestis, des metisses, des culturistes (hommes et femmes), des moteurs, des clowns, des robes de mariées marocaines.
La marche à suivre ne varie que très légèrement entre les différentes séries. La vue est le plus souvent frontale, en gros plan (pleine page ?). Le plus souvent, les photos sont en noir et blanc, avec un fort contraste, avec un fond noir ou blanc. Le sujet n'est jamais contextualisé.

Ainsi, on retrouve des photographies de paquets de chips vides en face de portraits de mannequins, et il arrive même que l'on confonde hommes et objets. Ce protocole et le côté presque asceptisé du au forts constrastes jetent instantanément une vague de froid dans la salle. Ce sentiment est accentué par l'emploi de grands formats : ces photos nous encerclent avec un air plutôt menaçant. On sent bien que l'artiste parle d'identité, que particularité, de conformisme.
Mais cette façon de procéder me rappelle un peu trop le travail de Bernd et Illa Becher. De la même façon, ils définissent un schéma pour prendre la plupart du temps des bâtiments industriels (chateaux d'eau...). 
Je descends donc quelques marches, pas très convaincue par Valérie.

Georges Rousse prend possession des lieux. j'avais déjà eu des echos de son travail, mais j'oubliais systématiquement son nom. J'ai d'ailleurs mis un certain temps pour faire le lien !! Mais je pense que c'est parce Georges et moi avons eu un faux départ :
Georges Rousse modifie des espaces en créant des illusions d'optique grâce à des formes colorées souvent complètement étrangères au milieu initial. Bon comme ça c'est pas très clair mais je vais vous mettre des photos. 
Il est donc tout à fait probable de se retrouver devant la photo d'une piscine municipale avec un gros rond noir en plein milieu qui laisse difficilement apparaître les volumes. Je m'offusque silencieusement en me disant que c'est un peu fort de café que de nous montrer des photos avec un simple filtre photoshop dessus. Ok, le concept est pas mal, mais je ne cautionne pas. Je me mets donc à vérifier chaque photo (pour renforcer mon mécontentement biensur), je gène tout le monde, mais c'est pas grave puisque ce type est un imposteur !!
Jusqu'à la photo qui a rélévé des petites imperfections... il a fallu un tour (dans mon cerveau, mais aussi dans la salle...) pour que je trouve ces photos géniales ! la suite de la visite a été un vrai bonheur, et j'étais la sherlock homes de Georges Rousse. Chaque photo était une nouvelle recherche d'indices prouvant l'existence réelle de ce travail, et une fois que je m'en étais bien assurée, un sentiment proche de l'émerveillement. 
Les plus incroyables sont celles où il y a un mot qui parcourt une pièce.
Georges Rousse n'est pas tellement un photographe mais un plasticien. Ce qui donne d'ailleurs envie d'aller directement sur les lieux. On regrette que Georges Rousse n'aie pas fait une petite démo à la fin de l'exposition !!
Je suis donc réconciliée avec lui, j'aime son travail et toutes les idées qu'il y a derrière. Entre le réel et l'irréel, la cohabitation des deux dans une seule photographie, il a su me faire voyager dans un monde haut en couleurs, avec plein de portes d'entrées et de sorties pour le moins inatendues.

Je recommande à tous Georges Rousse qui écrase complètement Valérie Belin (passez quand même les photos de moteurs !)

A bientôt, je repasserai pour mettre les photos (les ordis de la fac ne permettent que le STRICT minimum... !)


Sarah Vieille 236404

Par Horizont-art
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Jeudi 15 mai 2008 4 15 /05 /Mai /2008 09:53
 11 avril – 7 Juillet.

Jan Fabre intervient au Louvre, dans les salles des peintures des écoles du Nord. Quel est le lien entre l'artiste contemporain de renomée internationale, et la peinture du Nord du 15ième au 18ième siècle ? Cet événement nous fait-il porter un regard nouveau sur cette peinture ?
L'artiste est né à Anvers en 1958. Il est véritablement découvert grâce à sa série Bic Art (d'immenses toiles recouvertes de bic bleu en trame). Il réalise des vidéo performances, dans lesquelles il se met en scène à travers des chorégraphies, des costumes de chevalier, des rituels guerriers. Ses installations intègrent toujours la présence ou l'absence de l'homme et/ou de l'animal.

L'ange de la métamorphose

« L'artiste incarne selon Jan Fabre L'ange de la métamorphose qui, par la transformation de la matière ou de la chair en oeuvre d'art, crée de la transcendance. »

Les matérieaux sont utilisés pour leur propriétés visuelles et symboliques. Jan Fabre crée des textures avec le scarabée, qui renvoit une lumière et surtout une couleur différente selon son inclinaison. Un globe fait de scarabées renvoie une image bien différente selon l'emplacement du spectateur. Avec les scarabés, il créera des textures, des colonnes vertébrales, une pièce de viande. Avec les punaises il construit une surface scuplturale et visuelle qui réfléchit la lumière, tout en nous laissant voir à travers une certaine épaisseur de surface. Avec ses armures il projette l'image de l'homme, mais aussi sa propre image.

On remarque d'ailleurs qu'il manipule beaucoup de matériaux organiques. Les os, les scarabés, les têtes de hiboux, les agneaux, les oiseaux ou les rats empaillés sont utilisés à répétition. Si les animaux sont particulièrement présents dans l'oeuvre de Jan Fabre, ne sont-ils pas des caricatures, ou du moins des échos d'une présence humaine ? Les messagers de la mort décapités est une oeuvre mettant en situation des têtes de hiboux dont les yeux sont des prothèses humaines en verre. Dans la salle de Van Dyck, ils deviennent le reflet des grands nobles, bourgeois, et du roi d'Angleterre, qui s'exposent dans leur plus beaux vêtements faits de fourrure, d'accessoires, de collants, de plumeaux. Le caractère distingué du hibou, mais non moins précieux, est bien ici le plagiat de l'humanité.


Enfance, jeu et onirisme.

La volonté de marquer la présence humaine, et de l'accompagner de symboles plus ou moins religieux (croix, globes, agneaux,..) nous montre bien la proximité entre Jan Fabre et les peintures nordiques. Mais il est cépendant vrai que l'artiste se sert aussi de 3 thèmes qui articulent son travail : le jeu, l'enfance et l'onirisme.

Le Petit Bagarreur
représente l'artiste enfant, recouvert de punaises, dans une position de combat à main nue. Ses points renferment des bouts de sucre, utilisés pour affecter la plaie de l'adversaire. On comprend ici que le jeu est directement lié à l'enfance. Dans Lancelot, une de ses performances vidéos, il endosse l'armure d'un chevalier pour combattre un ennemi invisible. Il ne joue pas qu'au chevalier : Champs de stratégie est une maquette de carte en 3 dimensions, faite avec de la cire, dans laquelle les scarabées forment des troupes en rang, et se battent dans 2 camps adverses. L'artiste et le spectateur prennent la place de stratèges organisant une guerre sainte entre coléoptères.
Si dans ces 3 éxemple le jeu est un éxercice mental, il peut aussi être un symbole de communauté. L'art n'est pas solitaire est une maquette de bateau, entouré d'une piste d'athlétisme, dans lequel on trouve un ballon miniature, des munitions, etc.

L'onirisme est présenté dans une forme qui rappelle celle des oeuvres surréalistes. L'association d'objets a priori étrangers les uns aux autres, est récurrente dans son oeuvre. La réincarnation de Giovanni Arnolfini, en écho aux
époux Arnolfini (1434) de Jan Van Eyck, est une armure sur pieds en boits, mocassins, tête en scarabés formant un masque, colonne vertébrale et tissu. Cette figure semble totalement sortir d'un rêve.

Onirisme, qui semble appartenir au domaine du rêve (par son caractère d'irréalité, d'étrangeté, de poésie).

Ces 3 thèmes sont assez étrangers au peintures du nord, en général. Néanmoins, le caractère sobre, sollennel et mélancolique des regards dans les portraits depuis Jan Van Eyck laisse entrevoir cette perspective onirique. Il ne fait pas de doute que Jan Fabre a bien réussi à transformer tout le 2ième étage de l'aile Richelieu du Louvre en un espace étrange, inquiétant, et certainement pas sans lien avec les grands maîtres conservés.


Meradi Omar 216373

Par Horizont-art
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Jeudi 15 mai 2008 4 15 /05 /Mai /2008 09:43

Femmes en miroir
(Kagami no onna tachi)Japon / 2003 / 129' / coul. / vostf
avec Mariko Okada, Yoshiko Tanaka, Sae Isshiki, Hideo Murota, Mirai Yamamoto

(Bref résumé du Centre Georges Pompidou)
Ai Kawase vit dans la proche banlieue de Tokyo. Elle est la veuve d'un médecin, Shinji. Sa fille Miwa s'est enfuie à l'âge de vingt ans. Elle a réapparu quatre ans plus tard, pour donner naissance à une fille, Natsuki, avant de disparaître à nouveau, n'emportant avec elle que le livret de famille. Vingt ans ont passé depuis. Un jour, Ai reçoit un appel de la mairie, pour l'informer qu'une femme vient d'être retrouvée en possession de ce livret de famille.



Un drame familial, mères et filles se reflètent dans un miroir brisé.

La grand mère, Ai est une rescapée du bombardement atomique d’Hiroshima. Elle a jusqu‘à maintenant peur du soleil et garde toujours une ombrelle en été. Son mari est mort alors que sa fille avait 4 ans. Lorsqu’il décède, Ai pense un instant à mourir avec elle.
La mère, Miwa, s’enfuie de chez elle à 20 ans. Elle revient 4 ans plus tard pour laisser sa fille à Ai, et repart après avoir brisé un miroir. Elle perd ensuite la mémoire et est retrouvée par sa mère 20 ans plus tard, quand le film commence. Elle kidnappe une petite fille chaque mois, inconsciemment, en la prenant pour sa fille.
La petite fille, Natsuki, a donc été élevée par sa grand mère. Elle est en quête d’identité, et veut connaître sa véritable mère. Elle ne s’attache pas au gens car le rejet de sa mère l’a profondément marquée.

On comprend que toute le drame se construit avec un souvenir : celui de Miwa, qui a 4 ans. Elle est dos à la mer déchaînée et face à sa mère Ai qui s’apprête à la tuer. Lorsqu’elle raconte ce souvenir, elle ne sait plus exactement si elle est la petite fille ou la mère. De ce doute naît probablement une culpabilité et une souffrance qui l’ont poussée à partir une première fois puis à revenir pour laisser sa fille entre les mains de la grand mère.

Tout découle donc de la bombe, mais aussi de ce souvenir qui persiste malgré l’amnésie. Kijû Yoshida nous propose une vision particulièrement déterministe. Un acte historique provoque un drame qui, par son influence sur les personnages, dictera leurs comportement et définira leur destin. Les femmes des 3 générations se regardent à travers le miroir qu’a brisé Miwa, leurs actes et toute leur histoire entretient une relation de cause à effet.

 

 Un jeu de rôles et de symboles.

Le film est un étrange mélange entre une histoire réaliste , dramatique, et une mise en scène théâtrale, silencieuse, presque fantomatique. Les acteurs et les dialogues sont très formels et peu réalistes, malgré le sujet qui aurait pu, a priori, l'exiger.

Le moment le plus déterminant du film, le souvenir de Miwa lorsqu‘elle a 4 ans, face à sa mère qui s‘apprête à la tuer, n’est pas sans rappeler celui de « La jetée » de Chris marker. Dans ce film, le personnage principal est un cobaye qui peut traverser le temps grâce à un souvenir qui lui est resté gravé profondément : il est sur la jetée de l’aéroport avec sa mère, et il assiste à un meurtre (celui de son double futur). Dans les 2 films, le souvenir prend place dans un grand espace, la mère est présente, il y a une forte tension à cause du vent, des vagues ou du bruit des avions, il y a (ou il y a presque) un meurtre. D’ailleurs, toujours dans les 2 cas, les personnages qui sont acteurs du souvenir ont un doute sur la place qu’ils ont dans ce souvenir : dans femmes en miroir , Miwa ne sait plus si elle tenait le rôle de la mère ou de la fille, et dans la jetée, le personnage principal ne sait pas que c’est lui même qu’il est en train de voir mourir.

Ainsi, Kijû Yoshida, comme Chris Marker, joue avec la perception qu’on a d’un souvenir : quels sont les quelques traits de caractères qui le constituent ? Si l’on ne garde que ces impressions, est-on jamais certains du rôle que l’on joue dans ce souvenir ? Si le réalisateur nous propose un déterminisme dans cette aventure humaine, ce n’est pas sans lien avec l’évolution des souvenirs et de l’inconscient dans ses personnages.

  Meradi Omar 216373

Par Horizont-art
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Samedi 19 avril 2008 6 19 /04 /Avr /2008 14:27

    Je pense que l’on peut qualifier le travail de Christophe Luxereau  comme étant une projection, à travers des images, dans un futur biomécanique, esthétique et fortement réaliste.

    Les images en question nous révèlent des objets futuristes imaginés par l’artiste, mis en scène dans un univers graphique qui s’apparente fortement à celui de la publicité. Ces objets sont caractérisés par leur réalisme visuel et surtout de faisabilité. J’entends par là que ces objets ont été conçus comme étant des produits qui ont de grandes chances de voir le jour dans un futur plus ou moins proche, cela dépendra des avancées technologiques.

    Le travail de C. Luxereau a suscité des réactions très diverses, certaines inquiétudes, au sujet de la série des membres féminins mécaniques, se faisaient ressentir  et même si beaucoup se sont tut à la vue de son travail, je pense qu’ils n’en pensaient pas moins. La série a rapidement introduit le thème de l’atteinte au corps, présentée en tant qu’une possibilité de l’avenir de la chirurgie réparatrice ou esthétique. La chirurgie esthétique étant de nos jours assez fortement critiquée, il est clair que l’idée d’un avenir biomécanique peut être mal vue.

 Les visuels, l’aspect virtuel de ses créations est la finalité de son travail, aucune de ses œuvres n’est reproduite « physiquement ». C’est donc une idée que l’artiste veut nous véhiculer, il nous propose un avenir dans lequel le corps et le métal fusionnent dans une esthétique qu’il définit lui-même. C’est en quelques sortes sa vision du futur. Au-delà de simples gadgets de science-fiction, l’artiste nous propose des objets dont la possibilité d’existence future est bien fondée. Fondée sur la vision de l’évolution technologique, de l’esthétique de l’artiste, fondée sur ses connaissances du corps humain et de la mécanique.

L’artiste souligne le caractère esthétique et « positif » des objets futuristes que ses visuels illustrent. Personnellement je partage les visions de C. Luxereau  de notre futur, soit un futur biotechnologique.  Il me semble qu’au-delà de ce que nous propose la science-fiction nous nous dirigeons vers ce avenir-là et que l’imaginaire de l’artiste (se voulant il me semble quasi-prophétique) se fonde sur une évolution technologique dans laquelle son travail s’est ancré. Une évolution qu’il semble très bien comprendre et surtout anticiper.

Cependant certaines images choquent. Par exemple celle ou la femme est réduite à un incubateur, un appareil à gestation qui se limite aux fonctions du vagin, de l’utérus et des seins. Cette production, que  j’ai trouvée particulièrement effrayante, donne une image très sombre et froide du miracle de la vie et bien entendu de la place de la femme, dans l’avenir.

Dans notre société actuelle les femmes luttent pour se débarrasser des rôles qui leurs sont imposés, obligations qui les enferment dans une existence de bonnes mères ou de fidèles épouses au service de leur mari.  Il me semble que l’avenir que nous propose l’artiste, ou le corps de la femme est réduit à sa fonction première : donner la naissance,  va à l’encontre de ces idées.

 

    J’ai trouvé fort intéressante la recherche de l’artiste sur les avatars employés par les internautes. Elle me parait en effet réaliste et anticipatrice, ce phénomène grandissant et très répandu jouera très certainement un rôle primordial dans la sociabilité des internautes. Si les portraits vaniteux permettaient aux plus fortunés de perpétuer le souvenir de leur personne, les avatars actuels donnent la possibilité d’étendre notre personnalité, d’imposer virtuellement au monde une image de nous même tel que nous aimerions être.  Dans un univers vaniteux ce ne sont pas seulement des internautes qui se croisent mais bien la représentation que chacun d’entre eux se fait de sa personne, et ou l’image de soi s’éloigne de plus en plus du réel.


 

Fyrat
219 030
Par Horizont-art
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Dimanche 13 avril 2008 7 13 /04 /Avr /2008 14:03
du 10 au 14 avril 2008
4 rue du général Foy, 75008.

Dans un quartier chic de Paris, les galeries s'installent temporairement dans cet immeuble, sur 4 étages. J'ai commencé par le 4ème étage parce que c'est plus facile de descendre.
Je regarde attentivement, je me balade. Les galeristes semblent encore ensommeillés, je ne pose donc pas de questions (d'autant que "bonjour" est rare à cette heure ci).
Je ne connais aucun artiste, et pourtant tout me semble très familier. J'ai l'impression que les graphismes se ressemblent, à croire que le dessin est une technique très réduite. Certaines choses sortent de l'ordinaire, mais je ne suis pas aussi emballée que l'ami qui m'avait vivement conseillé d'y aller. J'ai de plus en plus l'impression de faire une brocante. De la même façon que l'on retrouve les memes pancartes "Lu'", les boites "cubes OR", ou les vêtements vintage, on retrouve toutes les trois galeries des dessins mélangeant différentes techniques (aplats de couleurs + dessin au trait, la composition varie, mais reste "type brouillon") , très en vogue aujourd'hui. Les dessins à l'encre de chine, avec un style "je sais pas très bien dessiner, mais ça rend bien" sont aussi de la partie. L'aquarelle diluée formant des tâches décrivant des objets simples, ou des visages à la façon d'un portrait robot - voire fantôme - sont aussi très présents. Je trouve que l'influence est souvent trop évidente. On oscille entre Basquiat, l'art de rue, les références des jeunes Hip hoppeurs, et des références plus moroses, comme les dessins de Victor Hugo !

En même temps que j'écris, je fais le tour de "dailymotion", et je tombe sur une vidéo de Patti Smith, qui dit que l'art c'est la liberté, la liberté d'imaginer, en somme, la plus grande liberté que nous ayons. Et bien quand je suis sortie du Salon, j'ai surtout eu l'impression que nous imaginons tous la même chose. Le bilan est peut-être un peu raide, mais je suis déçue de ne pas avoir eu le souffle coupé. Peut-être est-ce le dimanche de pluie qui me tire vers le pessimisme !

On peut donc facilement s'arrêter au deuxième étage. On aura déjà tout vu. Globalement. Pourtant, certains artistes se détachent discrètement. Je les apprécie soit pour leur talents de véritables dessinateurs (Robert Longo par exemple dessine un salon plongé dans l'obscurité. On pourrait croire un instant que cette scène est tirée d'un Hitchcock. Le rendu est troublant, la précision des éléments aussi d'autant plus qu'il s'agit d'un puissant clair obscur, regorgeant de subtilités, réalisé au fusain) soit pour leur simplicité. D'ailleurs, en reprenant mon papier sur lequel j'ai noté les artistes à ne pas oublier, les croquis qui accompagnent les noms en sont le témoin (Guillaume Légé, Alexander Gorlizki, Nelly Maurel...).

Je ne trouve aucune image pouvant vous illustrer ce que j'ai aimé ou non. En cherchant dans Google image, les noms étaient connus, mes les images trouvées ne correspondaient pas à ce que je voulais vous montrer. Pour finir sur une note tout de même positive, on peut en déduire que ce salon permet de décrouvrir des artistes, ou du moins découvrir des oeuvres qui ne sont pas focément les plus emblématiques d'un artiste. Par exemple, la galerie Papillon a mis à disposition en plus d'une oeuvre de Gaëlle Chotard, quelques uns de ses dessins. L'écart n'est pas énorme entre les deux pratiques, mais elles se complètent.

A bientôt, bonnes expositions !

Sarah, 236404.


Par Horizont-art
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Samedi 1 mars 2008 6 01 /03 /Mars /2008 11:47


               
                Notre entretien avec Gaëlle Chotard, en ce vendredi 29 février, fut très court et nous ne pûmes malheureusement qu’aborder l’artiste par des questions sur son parcours et ses relations avec sa galeriste, à défaut de nous intéresser d’avantage à son travail… bien qu’elle pu nous parler de certaines œuvres durant la dernière demi-heure, plus les prolongations.
               Je vais de ce fait délaisser la partie biographique et tenter de tirer des conclusions sur les mystérieuses formes organiques, rhizomiques voir lymphatiques (Dr House sait de quoi je parle) avec lesquelles travaille l’artiste.  

                Une chose très intéressante que nous fait remarquer Gaëlle au sujet de la série « au fond », qui regroupe les œuvres de maille métallique (dont l’ombre est projetée sur les murs de la galerie par une minuscule mais puissante diode), est que l’œuvre ne nécessite pas la présence de sa silhouette murale pour vivre. Les structures filaires se suffisent à elles mêmes.  Cette remarque m’a quelque peu étonné et je ne pense pas être le seul à avoir pensé que dans cette série l’un n’allait pas sans l’autre. L’originalité de ces travaux étant justement, selon mon avis qui vaut ce qu’il vaut, la mise à nu, l’extrême exposition de la forme et de l’intérieur de ces structures... Quasi-vivantes.

 L’artiste précisa également que lorsque ces œuvres sont vendues aux collectionneurs, ces derniers ont la possibilité de les allumer et de les éteindre à souhait.

Jeu de curiosité  érotique ? Formes libidinales, couleurs chaudes, voir dans, voir à travers, «dessous», «au fond»…  La recherche de soi dont nous parle l’artiste s’avère être d’une profondeur bien plus sensuelle que je ne l’avais pensé.

Fyrat
219030

Par Horizont-art
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Dimanche 24 février 2008 7 24 /02 /Fév /2008 01:42
Bonjour à tous !

Nouveau semestre, nouveaux arrivants, alors bienvenue !

Que ce blog prolifère d'articles tous aussi intéressants les uns que les autres !

A très vite.

Sarah.
Par Horizont-art
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Vendredi 25 janvier 2008 5 25 /01 /Jan /2008 13:54
David Scher,
galerie Jean Brolly,
16 rue de Montmorency, 75003.

David Scher est un artiste New-Yorkais, né en 1952. Chaque article concernant l'exposition cite David Scher avec cette unique phrase : "je pense que je dessinais avant de savoir parler". Le dessin est alors sa première forme d'expression, son premier langage. Des mediums simples (crayon, aquarelle, gouache, encre de chine) lui permettent de développer ses pensées. effectivement, on retrouve un style presque jeté, des dessins bruts.
La plupart du temps, David Scher dessine des paysages urbains, mais aussi des forêts, mélangeant réalité et fiction. Réalité car ces payages globalement nous sont familiers. Nous connaissons ces immeubles, ces bâtiments surchargés, ces coins de nature parfois tristes, foisonnants,laissant parfois une place à l'homme. P1250056-copie-1.JPG Les grands formats lui permettent d'étendre toujours un peu plus ces espaces, et d'ajouter des détails.  C'est grâce à sa maîtrise des techniques qu'il emploie qu'il diversifie son "langage pictural", et forme des micro-mondes. c'est selon moi, à travers eux que le spectateur rentre dans le dessin. on commence alors un périple, on se crée notre histoire.
C'est le coté brouillon, inachevé qui laisse place à l'imagination de chaque spectateur, tout en respectant l'intégrité de l'artiste.
Car malgré l'évasion quasiment inévitable de chacun, ces dessins restent tout de même très personnels. Ce que l'on sent, c'est le plaisir qu'il a à dessiner, et le côté presque enivrant de rajouter toujours de nouveaux éléments. de façon presque automatique, systématique. Pourtant, chaque dessin est différent, chaque ambiance a sa spécificité.

P1250060-copie-1.JPG Sont exposés aussi quelques carnets qui montrent un style plus épuré, présentant une idée simple, succeptible d'être réutilisée dans ses grandes compositions. De toute l'exposition, c'est ce dessin qui m'a le plus touché. la poésie est bien plus forte, l'idée plus claire. Je regrette alors de ne pas voir plus de carnets, sachant qu'il en a rempli 900 !!

Je retiendrai de cet artiste avant tout le plaisir. Le plaisir de produire. Peut-être pouvons-nous y voir un message à portée plus philosophique, ou denonciatrice, mais il me semble que David Scher nous expose purement et simplement sa passion, et fait une vraie mise à nue de son univers.



Quelques rues plus loin :

Dionisio Gonzalez,
galerie Xippas,108 rue Vieille du Temple, 75003

Dans le style monde imaginaire mais d'après réalité, Dionisio Gonzalez, artiste espagnol, s'intéresse aux favelas de São Paulo. Il s'interoge sur le processus de construction : chaque habitant construit son habitation indépendemment des autres. Ces quartiers sont en perpetuelle mutation notamment grâce au système de location de toits : après avoir construit sa maison, l'habitant moyennant une certaine somme d'argent, permet à qui veut de vivre sur son toit, de construire une maison. Mais les constructions étant relativement fragiles et rudimentaires, il n'existe pas de favelas plus hautes que trois étages. Dionisio Gonzalez cherche un moyen d'intervenir dans les favelas, pour offrir aux habitants des logements plus sûrs.

dg07_9a.jpg Il illustre par photomontage ses désirs. Certaines propositions sont cohérentes, et s'intègrent facilement dans le paysage. Mais Dionisio Gonzalez imagine des formes compliquées avec des meubles design à l'intérieur, ce qui relève d'une grande utopie. En effet, les caractéristiques mêmes des favelas sont l'économie de matériaux, généralement peu solide, des formes et parfois la place pour construire une habitation convenable. 
P1250068.JPG Gonzalez dit vouloir respecter les coutumes des habitants. Bref, il me semble que la justification de son travail est quelque peu scabreuse. Je n'arrive pas à voir la visée sociale, et la proposition plausible de ses photos.
Ces photos entant que réinterprétation du monde actuel, ont déjà une portée plus intéressante qu'un message pseudo social. Peut-être devrais-je moins me soucier de la cohérence et juste accepter la chaleureuse ambition à l'égard de cette population. 
Mais la proposition est trop naïve, ou "trop pas assez".  Je ne le trouve pas assez radical. 
Au delà de tout message, ces réalisations restent tout de même impressionnantes par la taille et la précision, qui créent une sensation de réalisme assez incroyables.  
Je reste tout de même sceptique quant à ces oeuvres.


voilà où aller si vous souhaitez voir des mondes nouveaux.

Sarah, 236404
Par Horizont-art
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