David Scher est un artiste New-Yorkais, né en 1952. Chaque article concernant l'exposition cite David Scher avec cette unique phrase : "je pense que je dessinais avant de savoir parler". Le
dessin est alors sa première forme d'expression, son premier langage. Des mediums simples (crayon, aquarelle, gouache, encre de chine) lui permettent de développer ses pensées. effectivement, on
retrouve un style presque jeté, des dessins bruts.
La plupart du temps, David Scher dessine des paysages urbains, mais aussi des forêts, mélangeant réalité et fiction. Réalité car ces payages globalement nous sont familiers. Nous connaissons ces
immeubles, ces bâtiments surchargés, ces coins de nature parfois tristes, foisonnants,laissant parfois une place à l'homme.

Les grands formats lui permettent d'étendre toujours un peu plus ces espaces, et d'ajouter des détails. C'est
grâce à sa maîtrise des techniques qu'il emploie qu'il diversifie son "langage pictural", et forme des micro-mondes. c'est selon moi, à travers eux que le spectateur rentre dans le dessin. on
commence alors un périple, on se crée notre histoire.
C'est le coté brouillon, inachevé qui laisse place à l'imagination de chaque spectateur, tout en respectant l'intégrité de l'artiste.
Car malgré l'évasion quasiment inévitable de chacun, ces dessins restent tout de même très personnels. Ce que l'on sent, c'est le plaisir qu'il a à dessiner, et le côté presque enivrant de
rajouter toujours de nouveaux éléments. de façon presque automatique, systématique. Pourtant, chaque dessin est différent, chaque ambiance a sa spécificité.

Sont exposés aussi quelques carnets qui montrent un
style plus épuré, présentant une idée simple, succeptible d'être réutilisée dans ses grandes compositions. De toute l'exposition, c'est ce dessin qui m'a le plus touché. la poésie est bien plus
forte, l'idée plus claire. Je regrette alors de ne pas voir plus de carnets, sachant qu'il en a rempli 900 !!
Je retiendrai de cet artiste avant tout le plaisir. Le plaisir de produire. Peut-être pouvons-nous y voir un message à portée plus philosophique, ou denonciatrice, mais il me semble que David
Scher nous expose purement et simplement sa passion, et fait une vraie mise à nue de son univers.
Quelques rues plus loin :
Dionisio Gonzalez,
galerie Xippas,108 rue Vieille du Temple, 75003
Dans le style monde imaginaire mais d'après réalité, Dionisio Gonzalez, artiste espagnol, s'intéresse aux favelas de São Paulo. Il s'interoge sur le processus de construction : chaque habitant
construit son habitation indépendemment des autres. Ces quartiers sont en perpetuelle mutation notamment grâce au système de location de toits : après avoir construit sa maison, l'habitant
moyennant une certaine somme d'argent, permet à qui veut de vivre sur son toit, de construire une maison. Mais les constructions étant relativement fragiles et rudimentaires, il n'existe pas de
favelas plus hautes que trois étages. Dionisio Gonzalez cherche un moyen d'intervenir dans les favelas, pour offrir aux habitants des logements plus sûrs.

Il illustre par photomontage ses désirs. Certaines propositions sont cohérentes, et s'intègrent
facilement dans le paysage. Mais Dionisio Gonzalez imagine des formes compliquées avec des meubles design à l'intérieur, ce qui relève d'une grande utopie. En effet, les caractéristiques mêmes
des favelas sont l'économie de matériaux, généralement peu solide, des formes et parfois la place pour construire une habitation convenable.

Gonzalez dit vouloir respecter les coutumes des habitants. Bref, il me semble que la
justification de son travail est quelque peu scabreuse. Je n'arrive pas à voir la visée sociale, et la proposition plausible de ses photos.
Ces photos entant que réinterprétation du monde actuel, ont déjà une portée plus intéressante qu'un message pseudo social. Peut-être devrais-je moins me soucier de la cohérence et juste accepter
la chaleureuse ambition à l'égard de cette population.
Mais la proposition est trop naïve, ou "trop pas assez". Je ne le trouve pas assez radical.
Au delà de tout message, ces réalisations restent tout de même impressionnantes par la taille et la précision, qui créent une sensation de réalisme assez incroyables.
Je reste tout de même sceptique quant à ces oeuvres.
voilà où aller si vous souhaitez voir des mondes nouveaux.
Sarah, 236404